Isolation végétale : un petit retour en arrière... juste dix ans ! jeudi 26  juin  2014

isolation végétale du logement de marinier sur la péniche de francis dumelié

Vous souvenez-vous de l'été 2003 ?  Je stationnais alors sur la Marne, et comme partout, le soleil nous a fait un plaisir rare : à peine couché, il se relevait pour briller, briller, sans le moindre nuage !
Imaginez-vous alors habiter dans une boite en tôles... C'était mon cas... Malgré une isolation en laine de verre, mon logement- l'ancien logement de marinier, à l'arrière de la péniche - je vivais dans un four...La seule solution a été de brancher la pompe immergée dans la rivière, et d'alimenter toute la journée un tuyau  d'arrosage à trous qui mouillait en permanence la tôle surchauffée. Le résultat, assez moyen, a en plus gâté les peintures par un dépot de calcaire incroyable. Il fallait trouver une solution !
Et je l'ai trouvée, naturelle et peu coûteuse : l'installation d'un toit végétal mis en place  sur une couche plastique recouverte de quelques centimètres de terre fait de Crassulacées, plantes "grasses" que l'on trouve presque partout sur les murs de cimetières, les bords de routes, etc... En quelques semaines de vadrouilles en Bourgogne, le long de la Meuse, j'ai réussi à garnir les 35 m² ...
Ca a tout de suite eu belle allure, et très fièr, j'ai vite écrit un article sur la revue Fluvial, certain que d'ici peu, toutes les péniches adopteraient ce mode d'isolation  efficace et surtout peu coûteux...
Et bien pas du tout... Je n'ai pas rencontré un seul bateau ayant adopté ce système... Tant pis pour eux...
Par contre, j'ai trouvé sur internet des commentaires prédisant une corrosion rapide et perçante... Alors, voilà le résultat au bout de 10 ans :


     

En ce moment, les sedums sont en fleurs. Il y a sur ces quelques mètres carrés une bonne vingtaine d'espèces de crassulacées, et l'entretien se résume à rien : les quelques plantes qui déposent leurs graines sur ce support meurent vite de soif...J'ai même mis quelques lichens de haute loire (ci-dessus à gauche), durs comme du bois quand il fait sec, et doux comme un tapis de laine par temps humide...

     

Les joubarbes lancent leurs futures fleurs qui seront épanouies d'ici un mois. La corrosion ? en voilà l'oeuvre : j'ai soulevé la bordure du tapis végétal pour vous montrer : en effet, la couche superficielle de peinture glycérophtalique a vécu, mais l'époxy d'en dessous, qui a quinze ans, dont dix sous la terre est toujours intacte... L'ensemble est très joli, plus qu'écologique, et ça dure, comme vous le voyez...