Empoissonnement en Champagne

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L'Ablette sparnacienne n'est pas une espèce de poisson d'eau douce particulière, peut-être élevée au Champagne. Non, c'est une très vieille association de pêcheurs à la ligne créée en 1907, et qui compte 1900 adhérents pour environ 2500 pêcheurs.

Elle gère 58 km de voies d'eau, 38 km de Marne, de Tours sur Marne en amont à Reuil en aval et 20 km du Canal latéral à la Marne, de Dizy à Condé sur Marne.

Tout particulièrement, elle a pris en charge l'empoissonnement régulier de ce secteur en déversant de place en place, tous les ans, pendant l'hiver, 30 000 jeunes poissons d'un an, perches et gardons, cette année, pour un budget de 15 000 , entièrement financé par les cotisations des nombreux membres.

Alors que je m'étonnai de cette nécessité d'empoissonner aussi régulièrement les voies d'eau champenoises dont la qualité n'est pas douteuse - n'y trouve-t-on pas de nombreuses écrevisses ? - Monsieur Balligand, bénévole responsable de ces opérations m'explique :

" - Ce n'est pas nécessaire à cause de la pression exercée sur le milieu par les pêcheurs qui, pour la plupart, rejettent leurs captures vivantes à l'eau, mais à cause d'une évolution de ce milieu due aux prédateurs. "

 

Ci-contre ; les jeunes gardons sont transferrés de la pisciculture au lieu de dispersion dans un conteneur oxygéné puis transvasés dans un seau qui sera déversé dans le milieu

En effet, depuis plusieurs années, les cormorans de passage sur la Marne pendant leurs migrations font des ravages sur la population de la rivière comme du canal. Pire, un certain nombre de couples de ces grands oiseaux se sont arrêtés définitivement sur notre région et nichent sur place, prolongeant les dégâts très au-delà de la période de migration car il leur faut entre 400 et 700 grammes de poissons par jour.

Si, contrairement à ce qu'il font en mer, on ne les voit jamais plonger directement du ciel dans l'eau, pour poursuivre les poissons, de la surface, ils disparaissent pendant près de deux minutes et ressortent presque à chaque plongée avec un gardon, une ablette, une perche dans le bec.

Les jeunes poissons déversés dans les eaux proviennent d'une pisciculture installée au pied du coteau champenois. Ceux-ci sont récoltés dans les nombreux et très grands étangs de la Brie Champenoise, gardés en observation dans les bassins d'élevage de l'entreprise pour des raisons sanitaires, puis déversés dans la Marne et le Canal pour l'empoissonnement.

Pour combien de temps encore ?

Un seau de brochetons prêts à coloniser le canal

Déversement des jeunes poissons dans le canal

En effet, si les Cormorans font des ravages dans les rivières et le canal, ils ont très vite repéré ces grands étangs, à tel point que lors de la dernière campagne de vidage du Grand Etang du Roi, d'une superficie de 33 hectares, le pisciculteur n'a récolté que 150 kg de gardons au lieu des 4 tonnes habituellement prises.

Nous avons déjà évoqué d'autres transformations des voies d'eau, avec entre autres, la moule tigrée qui envahit toute l'Europe.

Avec les Cormorans, d'autres espèces progressent, comme en particulier le Silure. En début d'été, un spécimen de plus de 100 kg a été pêché tout près du confluent du canal latéral à la Marne près de Dizy et l'on sait que ces énormes poissons-chats sont particulièrement voraces.

On imagine mal intervenir sur l'expansion du domaine des Silures. En sera-t-il de même de celui des Cormorans, animaux protégés, malgré leurs terribles dégâts dans nos eaux champenoises…

La gueule d'un silure "petit" silure de 1 mètre de longueur

 

Trois semaines plus tard, c'est 85 kg de brochetons de 9 mois, issus de fécondation artificielle en pisciculture qui sont déversés dans le canal, soit environ un millier de futurs prédateurs…

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